Les scénarios possibles de la politique des drogues aux Amériques 2013-2025

Traduction d’un article de Rupert Georges du 17/05/2013
Source : http://www.talkingdrugs.org

Le 17 mai dernier, José Miguel Insulza, le Secrétaire Général de l’Organisation des Etats Américains (OEA) a présenté un rapport aux chefs d’Etat américains sur les scénarios possibles des politiques de drogues pour les Amériques jusqu’à 2025.
Ceux-ci incluent notamment la mise en place de marchés régulés des drogues, en commençant par le Cannabis. C’est la première fois que cette idée d’une réforme vers un marché régulé des drogues aujourd’hui illégales est discutée sérieusement en aussi haut lieu

En présentant le rapport, le secrétaire général a affirmé qu’“il est important de reconnaître qu’il existe un véritable débat actuellement sur la légalisation ou la dépénalisation de la Marijuana avec des initiatives en cours dans certains de nos pays”.

Le rapport remarque que les pays antillais ont une longue tradition d’acceptation sociale du Cannabis. Ceci est un regard honnête sur la situation si l’on considère les différents aspects des politiques de drogues dans cette région.

Le secrétaire général a également dit dans son discours que “si on accepte la notion fondamentale selon laquelle la consommation de drogue n’est pas un acte criminel, alors ses consommateurs ne devraient pas être punis”.

Il est positif qu’une attention particulière ait été donnée aux “alternatives possibles à l’incarcération pour les personnes dépendantes à la drogue” et à d’autres approches du traitement de la dépendance qui sont fondées sur des preuves tangibles et qui sont plus en concordance avec les droits de l’homme.

David Holiday, qui travaille pour le programme sur l’Amérique latine à la Fondation Open Society (fondation qui a pour objectif de promouvoir la gouvernance démocratique, les droits de l’homme et une société plus juste dans le monde), a affirmé qu’ “il s’agit du début d’un débat international pour une nouvelle approche des drogues. Nous espérons que ceci change les politiques publiques actuellement répressives et les amène vers des stratégies axées sur la santé publique et les droits de l’homme”.
Le rapport identifie les forces, faiblesses et défis des politiques de contrôle des drogues dans la région. 2.25 millions de dollars ont été dépensés pour enquêter sur les dommages qu’a causés la guerre contre la drogue et pour rendre ce rapport. Ce n’est donc pas surprenant si ses conclusions sont si pertinentes et réfléchies.

L’OEA inclut les 35 pays d’Amérique du Nord, du Sud, Centrale et des Caraïbes. Sa mission est de promouvoir la paix et la justice dans les Amériques et d’aider ces pays à collaborer ensemble tout en restant indépendants. En avril 2012, une réunion des chefs d’Etats d’Amérique a chargé l’OEA de rassembler des informations pour organiser ensuite un débat sur les conséquences négatives de la guerre contre la drogue et sur les approches alternatives possibles. Cette démarche a été soutenue en particulier par Juan Manuel Santos, le président colombien. Plus tard en Novembre 2012, après que la marijuana ait été légalisée dans le Colorado et à Washington, les présidents du Mexique, de Belize, du Costa Rica et du Honduras ont unis leur voix pour insister sur l’importance d’un nouveau regard et d’une réforme des politiques de drogue.
De plus, le gouvernement Uruguayen prévoit actuellement de légaliser le Cannabis en organisant un monopole étatique de la vente de ce produit. Considérant cette déferlante de réformes et de débats pour la légalisation sur le continent américain, ces conclusions de l’OEA ont déclenché beaucoup d’excitation et d’optimisme.

Kasia Malinowska-Sempruch, Directrice du programme sur les politiques des drogues à l’Open Society, a souligné que cette étude “explore ce qui peut être fait dans un monde où la guerre contre la drogue n’a plus lieu”. “Ce rapport envisage un certain nombre de possibilités qui permettront d’élargir le débat actuel sur les politiques de drogues et les réformes à mener”

  • Lien pour lire le rapport de l’OEA ici (en anglais).
Date première publication :
17/05/2013

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