Vers une meilleure politique de santé publique

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Les années 80…
Des usagers de drogues qui meurent d’overdoses. Beaucoup.
Des usagers de drogues qui meurent d’indifférence. Trop souvent.
Et puis des usagers de drogues qui meurent du SIDA.
Il faut arrêter cela.

Quelques personnes y réfléchissent, chacune seule dans son coin. Elles se rencontrent. Se mobilisent. Créent un Collectif. Limiter La Casse. En 1993.
Il faut créer de nouvelles modalités d’accueil et de prise en charge. Répondre aux besoins immédiats d’hygiène et de convivialité. Favoriser l’accès aux soins. Créer des réseaux. Travailler avec les médecins, les usagers de drogues. Faire circuler une information crédible. Permettre l’accès au matériel d’injection, aux produits de substitution, ouvrir des boutiques, des sleep’in. Tout cela se fait dans l’urgence, dans les tâtonnements et dans une légalité très relative. La pratique nouvelle de Réduction des Risques, forte sur le terrain d’une efficacité constante, n’est couverte que par une simple circulaire. En quelques années, chiffres et témoignages à l’appui, Limiter La Casse à fait la preuve de la cohérence de sa démarche. Une dynamique d’intervention devant par principe s’auto-alimenter, le Collectif se dissout. Mais très vite, il apparaît aux protagonistes que rien n’est acquis.

Alors, en 1998, l’Association Française pour la Réduction des Risques voit le jour.
Cependant, après tant d’années d’un dur combat quotidien contre les idées reçues, contre le manque de moyens, il y a comme un essoufflement. Et, surtout, il manque un cadre législatif, clair et légitimant aux yeux de tous les actions menées. Que la logique de santé publique aient enfin tous ses droits face à la sécurité publique.Il faudra attendre février 2004 pour que le Sénat adopte un amendement allant dans ce sens.

Entre-temps, L’AFR a pris du recul, et a pris conscience de l’incontournable nécessité de fédérer les acteurs de la réduction des risques. Elle entend poursuivre le débat sur le plan politique, œuvrer pour de nouvelles avancées sociales et sanitaires, et développer un lobbying européen (associatif et politique) en faveur de la RDR et de la dépénalisation de l’usage de drogues.En matière de toxicomanie, les idéologies sont légions, mais il est aujourd’hui bien établi que la mortalité des usagers de drogues est moins liée à l’usage des drogues qu’à la façon dont ces usagers sont traités. Il reste à le faire entendre au plus grand nombre, et à poser, dans la concertation, les bases légales d’une politique de soins plus réaliste, plus efficace et plus humaine que la guerre à la drogue tristement inspirée du modèle américain.

L’Association Française pour la Réduction des Risques est ouverte aux personnes aussi bien qu’aux structures désireuses de s’unir pour une nouvelle politique de santé publique.

Pour la reconnaissance de la citoyenneté de tout usager de drogues, licites ou illicites.

Date première publication :
09/06/2008

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