Les 5 principes politiques de l’IDPC concernant les drogues : Principe politique n°1

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1/ Les décisions concernant les politiques de drogues doivent être prises sur la base des meilleures données disponibles.

L’usage de drogues illégales et les réponses politiques qui y sont apportées ont des conséquences importantes sur la vie de centaines de millions de personnes. Le développement et la mise en œuvre de politiques efficaces dans ce domaine est par conséquent un aspect important de cette politique sociale. Mais le fait que dans les parlements nationaux et les institutions internationales, tels le Parlement européen, la Commission interaméricaine de contrôle des abus de drogue (OAS-CICAD), le plan ACCORD de l’ASEAN/Chine ou la Commission des stupéfiants (CDN) des Nations Unies, les débats et les décisions sur les politiques de drogues soient souvent dominés par des considérations idéologiques, politiques ou diplomatiques, plutôt que par une recherche objective de politiques et de programmes améliorant la santé et le bien-être de l’homme, demeure un sujet de préoccupation.

L’accès aux données et aux analyses sur les problèmes liés à l’usage de drogue et leur impact sur les politiques en la matière s’est considérablement amélioré ces dix dernières années, mais cette analyse ne parvient pas encore suffisamment à trouver sa place dans les débats politiques internationaux. Dans les années 1990, de nombreux gouvernements ont élaboré des stratégies nationales complètes en matière de drogues et se sont engagés dans des processus d’évaluation et de révision constante à la lumière de l’expérience et de la preuve. Dans les faits, seule une poignée de pays a mené des évaluations indépendantes, la pratique la plus courante consistant en un examen interne superficiel, suivi d’une nouvelle déclaration et de la poursuite des principaux éléments de la stratégie déjà en place. De manière similaire, les Nations Unies arrivent aujourd’hui au terme d’une stratégie de dix ans adoptée en 1998 lors d’une session extraordinaire de l’Assemblée générale, au cours de laquelle avaient été définis des objectifs mondiaux ambitieux pour la réduction de l’offre et de la demande de drogues illégales. Les accords convenus pour réviser les données disponibles à cette étape clé sont cependant d’une fragilité inquiétante et donnent l’impression que les États membres se préparent à simplement réaffirmer le paquet actuel de politiques et de programmes. Compte tenu des importantes modifications dans l’échelle et la nature du marché mondial des drogues ces dix dernières années, et du fait que les politiques nationales et la coopération internationales ne sont manifestement pas encore parvenues à réduire l’usage de drogue (ou à combattre les méfaits qui en résultent), nous estimons qu’une évaluation complète des progrès réalisés et des options de politiques futures est à présent particulièrement appropriée et faisable.

Sommaire de l’article

  1. Les décisions concernant les politiques de drogues doivent être prises sur la base des meilleures données disponibles.
  2. Les politiques de drogues doivent réorienter leurs priorités vers la réduction des conséquences négatives du marché des drogues et non plus vers la réduction de sa taille
  3. Les efforts de réduction de l’offre en drogues ne doivent pas ses concentrer sur la punition des cultivateurs
  4. Les efforts de réduction de la demande de drogues ne doivent pas se concentrer sur la punition des consommateurs
  5. Le système onusien doit développer une approche coordonnée et cohérente des problèmes en matière de politique des drogues
Date première publication :
04/07/2010

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